Arthur Rimbaud BATEAU IVRE

par Le blog de Gérard  -  27 Juillet 2010, 17:21  -  #Poésie

Arthur Rimbaud (Jean Nicolas Arthur Rimbaud) est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes, et mort le 10 novembre 1891 à l'hôpital de la Conception à Marseille.

Lycéen brillant et poète précoce, Arthur Rimbaud excelle dans les compositions latines, parmi lesquelles on trouve ses plus anciennes productions en vers connues. Sous l'influence des romantiques et des parnassiens, ses premiers vers français connus datent de la fin de l'année 1869 (Les Étrennes des orphelins et Invocation à Vénus, plagiat d'une traduction de Lucrèce par Sully Prudhomme). Bientôt soutenu par son nouveau professeur Georges Izambard en classe de rhétorique, il écrit à quinze ans et demi ses premiers poèmes importants qu'il envoie à Théodore de Banville afin d'être publié dans le second Parnasse contemporain, mais sans succès. Le 29 août 1870, en pleine guerre, Arthur fugue en direction de Paris. Reconduit dans sa famille après quelques jours de prison, il fugue une seconde fois et se retrouve en Belgique cherchant à devenir journaliste. Il écrit des poèmes inspirés par le contexte de la guerre franco-prussienne et par son passage dans la ville ouvrière de Charleroi (Au cabaret-vert, cinq heures du soirLe Dormeur du val). Il fugue une troisième fois à Paris en février - mars 1871 et les témoignages de Verlaine, Delahaye et Forain laissent entendre qu'il est venu à Paris entre le 15 mai 1871 et la semaine sanglante, ce que les biographes peinent à établir. Il revient finalement à Paris à l'invitation de Verlaine en septembre 1871 : commence alors une vie d'errance et une liaison homosexuelle tumultueuse qui s'achèvera en juillet 1873 par les coups de revolver tirés par Verlaine sur Rimbaud. Verlaine est condamné à la prison tandis que Rimbaud retourne dans sa famille à Roche. Il fait alors imprimer une plaquette qui, non payée, ne sera pas diffusée : Une saison en enfer. Sa sœur Isabelle prétend que Rimbaud a écrit Une saison en enfer après le 10 juillet pour renier ses erreurs, mais ce témoignage est tendancieux et contredit par l'existence de brouillons qui furent conservés par Verlaine. Les autres poèmes à la forme libérée écrits à cette époque seront regroupés dans les Illuminations, recueil publié à l'initiative de Verlaine en 1886. Les uns sont des poèmes en vers peu académiques connus aujourd'hui sous le titre apocryphe de Derniers vers, les autres forment un ensemble de poèmes en prose qui a seul conservé le titre Illuminations

Arthur Rimbaud cesse d'écrire à 20 ans et poursuit à partir de 1875 une vie aventureuse : il s'engage dans les troupes coloniales des Indes néerlandaises (Indonésie actuelle), déserte et rentre en Europe. Embauché comme agent commercial, il arrive en décembre 1880 à Harar en Abyssinie et devient gérant d'un comptoir où s'échangent or, ivoire, armes, soie et bimbeloterie. En 1891, une tumeur au genou droit le conduit à se faire rapatrier : amputé à Marseille, il revient quelques semaines à Roche près de sa mère et de sa sœur Isabelle. Rêvant de repartir en Afrique, il retourne à Marseille où son état s'aggrave : il y meurt le 10 novembre 1891, à l'âge de 37 ans et sera enterré à Charleville.

Le destin du créateur qui cesse d'écrire à 20 ans et sa vie anti-bourgeoise ont fait d'Arthur Rimbaud une des figures du génie flamboyant et libertaire pour qui le poète devait être « voyant » et qui proclamait qu'il fallait « être absolument moderne ».

WIKIPEDIA

 

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Lu pour la première fois au cercle des 'Vilains bonhommes' dont Verlaine était le maître, ce poème relatant la navigation difficile d'un navire est tout autant une métaphore de l'adolescence de Rimbaud. Un récit initiatique juvénile, ou l'auteur/navire louvoie entre les récifs.

 

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Etoile filante de la poésie française, le nom d'Arthur Rimbaud continue de briller parmi les plus grandes lumières de la littérature. Elève précoce, il est remarqué par un professeur aux idées révolutionnaires, Georges Izambar, pour ses dons en latin et en rhétorique, mais aussi pour sa révolte et sa soif d'évasion. Ce dernier va initier le jeune homme à la poésie moderne et lui ouvrir les portes de sa bibliothèque. C'est le début de l'envol de Rimbaud qui, très vite, va choisir de se rendre à Paris. Vie d'errance et de débauche, c'est dans la capitale qu'il fait la rencontre de Verlaine, déjà fervent admirateur du jeune prodige. Naît alors une relation passionnée et tumultueuse qui deviendra légendaire, notamment à cause du fameux épisode de Bruxelles où Verlaine, brisé par la possibilité d'une rupture, blesse son amant par balle. C'est à cette époque que le jeune poète va écrire ses deux recueils majeurs, 'Les Illuminations' et 'Une saison en enfer". Mise en vers du 'dérèglement des sens' prôné par le poète, l'oeuvre de Rimbaud s'attache à explorer les méandres de l'âme, de la perception et de l'imaginaire, et contribue ainsi à bouleverser de manière profonde la poésie symboliste. En 1875, Arthur Rimbaud cesse d'écrire, part pour Londres, s'engage dans l'armée des Indes néerlandaises puis devient trafiquant d'armes, laissant derrière lui une oeuvre fulgurante et atemporelle.


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Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

 
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

 
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
 

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots!

 
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend;
 

 

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour!

 Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux!

 
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan!
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant!

 

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises!
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums!

 
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades

mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets!

 

J'ai vu des archipels sidéraux et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur:
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. 

Toute lune est atroce et tout soleil amer:
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate! Ô que j'aille à la mer!
 

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô

lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des

flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

 
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

 

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons!

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,

Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un

Et les ressacs et les courants: je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir!

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets!

 



J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteur,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs!

 
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs!

 

Numériser0059

Julien au pays des livres 07/08/2010 10:53



Article très bien fait Gérard, moi je connais bien Rimbaud, j'habite à Charleville-Mézières donc je vis dans sa
ville !   Et je dois dire que je vis sur les pas, 'jaime allez au cimetière, dans sa maison dr'adolescence, dans le musée et je connais quelques coins sympa o il allait avec son
meilleur ami !



Le blog de Gérard 07/08/2010 21:42



Merci Julien pour ce message, il faudrait que je passe un jour sur charleville  pour fait un petit pélerinage sur les pas de Rimbaud.... Ce poète me fascine.


 


Merci encore pour le message.