Bertrand Delanoë en son royaume. L'héritage Chirac. Pascale Sauvage

par Le blog de Gérard  -  12 Juin 2010, 12:39  -  #Littérature politique

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"Ils se croyaient là pour l'éternité", constatait, interloqué, un militant socialiste en pénétrant enfin par la grande porte à la mairie de Paris. Pourtant, le 18 mars 2001, les chiraquiens ont bel et bien perdu leur "maison de famille". Pendant un quart de siècle, Jacques Chirac et sa tribu, puis Tiberi, avaient vécu, travaillé, festoyé, intrigué, aimé et détesté à l'abri de leur forteresse, l'Hôtel de Ville. Des sous-sols crasseux jusqu'aux pigeonniers les plus inaccessibles en passant par les salons dégoulinants de lumière et de dorures, l'imposante bâtisse, dont la silhouette ne déparerait pas dans le décor de carton-pâte d'un quelconque Disneyland, vivait au rythme de la chiraquie. Querelles de famille, divorces, réconciliations, fidélités et

trahisons ont comme imprégné les murs de cette citadelle politique qui, après avoir rempli son office, s'est écroulée de l'intérieur avant de se

rendre, la mort dans l'âme, à l'"usurpateur" Delanoë. Pour Bertrand Delanoë, la conquête de l'Hôtel de Ville ne fait que commencer. Depuis le soir de sa victoire, son énergie est tendue vers l'unique objectif d'être réélu en 2007. Méthodiquement, il explore, par l'intermédiaire des hommes de confiance qu'il a installés dans la place, les rouages de cette gigantesque machine financière, humaine et logistique souvent comparée à un paquebot en panne. Comment la remettre en marche, face à la résistance du dernier carré des "tibéristes", accrochés à leurs privilèges matériels comme des moules à leur rocher ; à l'énigmatique Philippe Séguin, plus donneur de leçons que jamais ; à la sémillante Françoise de Panafieu, déjà candidate à la succession de 2007 ; aux ambitions des Verts, alliés turbulents sinon incontrôlables d'une "majorité plurielle" tributaire des péripéties politiques nationales ? Car Bertrand Delanoë n'entend pas, lui, lier son sort de maire de Paris au résultat de son ami Lionel Jospin à l'élection présidentielle. Plus que jamais, l'Hôtel de Ville revendique une autonomie, une identité propre, quasi monarchique que son nouvel hôte (ses collaborateurs les plus proches n'hésitent pas à l'appeler " Bébert roi des Français ") s'emploie à imposer jour après jour, conscient qu'il n'aura pas trop de six ans pour le façonner à son image.Numériser0076

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