Les mauvais anges Eric jourdan. Mon coup de coeur du jour, le 12 mai 2010

par Le blog de Gérard  -  12 Mai 2010, 18:22  -  #Littérature Gay

Publié en 1955, interdit très vite, 'Les Mauvais Anges' traîneront pendant de longues années (trente ans !), la malédiction d'une dérision prise à l'époque par la fameuse Commission du Livre, entraînée par l'abbé Pihan, naturellement très averti, sans doute, de ces 'amours particulières'. Pourtant la première édition comportait deux textes, l'un de Max-Pol Fauchet, l'autre de Robert Margerit. L'un et l'autre célébrant le 'don de poésie exceptionnel' de l'auteur, adolescent à l'époque.

 

Éric Jourdan, ou Jean-Éric Green depuis son adoption par Julien Green avec lequel il vécut jusqu’à sa mort, est un écrivain français né en 1938.

Il est l'auteur en 1955, à l’âge de 17 ans, du roman Les Mauvais Anges qui connaît la frappe de la censure en raison de son thème de l’amour charnel entre deux garçons adolescents. Il sera 2 fois interdit pendant 29 ans, ce qui n’empêcha pas des éditions de luxe et notamment la première traduction anglaise sous le titre Two par Richard Howard.

Cet auteur vit à l’écart du monde littéraire, politique et autre, farouchement indépendant, ne fait partie de rien. D’origines diverses, Pays de Galles et Pays Basque du côté paternel, Savoie et Tyrol de l’autre et fils adoptif d’un Américain considéré comme l’un des auteurs français majeurs du siècle. Vit en principe à Paris.

Il a changé plusieurs fois d’identité et a écrit sous plusieurs noms qu’il ne révèle pas. Ne veut aucun commentaire sur sa vie dont on ne sait à peu près rien, sauf un peu par Trois Cœurs.

 

 

 

Comment ne pas être ému et bouleversé à la lecture de cette superbe histoire d'amour de deux adolescents ? Les Mauvais Anges, un hymne à la beauté et à la sensualité.

 

 

 

 

Pierre et Gérard sont cousins. Ils vivent sous le même toit depuis l'âge de douze - treize ans, lorsqu'après le décès accidentel de leurs mères respectives, deux soeurs, leurs pères ont décidé de se rapprocher, par commodité et par soutien.. Cet été de leurs 17 ans (été 56 ?), ils sont en vacances en Touraine, avec leurs deux pères et une cousine. Jusque là, leur relation consistait en une espèce d'amitié familiale, faite d'un soutien réciproque devant l'adversité, entraide toute fraternelle, et d'une certaine compétition mâtinée d'émulation commune devant les efforts à produire et les défis, notamment scolaires, à relever. Cet été tout va changer.
Les deux ados deviennent des jeunes mâles, explosant de sensualité, de sexualité, et d'amour. Un combat de garçons crâneurs, sur une pelouse tendre, au bord d'une eau bucolique, dégénère vite en combat amoureux où nul n'est perdant et nul n'est vainqueur, mais où les coeurs, et les corps tout entiers d'ailleurs, finissent à l'unisson. Les lèvres se rencontrent, les poings s'ouvrent en mains maladroites qui cherchent les corps submergés de chaleur, avides de contacts, les coeurs se libèrent. Pierre et Gérard s'offrent alors à un amour passionnel, absolu, comme seule l'adolescence peut en vivre ; un amour où s'affrontent deux jeunes mâles ; un amour où s'unissent deux coeurs, deux corps, ardents ; un amour exigeant qui bouffe tout sur son passage. Les deux garçons vivent une passion hallucinante, que jalousent les autres adolescents, et qui intrigue les adultes.
La vie n'est pas un long fleuve tranquille."
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Pierre et Gérard, conscients de l'impossibilité de s'unir totalement, troublés par leur part intime et irréductible de solitude, seront conduits inéluctablement à la mort.

Ultime tragédie mais surtout ultime fidélité de deux amants sur lesquels le temps n'aura plus jamais prise.