SCENES DE CHASSE EN BAVIERE, de Martin Sperr. Mise en scène Nicole Gros

par Le blog de Gérard  -  1 Novembre 2011, 09:45  -  #Théatre

 

Scènes de chasse en Bavière - flyer recto light

                            PROLONGATIONS     

                            Scènes de chasse en Bavière

                           Au théâtre du Nord-Ouest

 

 

                              

 Octobre                                                       Novembre 

Dimanche  9 octobre  à 20h45                Samedi 5  novembre à 20h45                                                         

Samedi     15 octobre  à 20h45              Dimanche  6 novembre à  17h

Dimanche  16 octobre à  17h                 Jeudi        17 novembre à 20h45

Jeudi          20 octobre  à  20h45            Dimanche 20 novembre à 17h

Mercredi   26 octobre   à 20h45             Jeudi  24 novembre à 20h45 

                                                                   Dimanche  27 novembre à 17h                                                                       

                                                    Décembre :

                                Dimanche   4 décembre  à 17h

                                Jeudi           8 décembre  à 20h45

                                Dimanche   11 décembre à 17h

                                Jeudi           15 décembre  à 20h45

                                Samedi        17 décembre  à 20h45

                               Dimanche    18  décembre à 20h45

 

 

 

 

Extraits de presse :

 

  Nicole Gros maîtrise totalement ce registre dramatique ; les 14 comédiens excellent dans l’incarnation de ces personnages mus par une peur viscérale peur de l’autre, peur du rejet par le groupe ( Martine Piazzon Froggy’s Delight) 

 

 Nicole Gros a mis en place une mise en scène parfaitement efficace, les interprètes investissent leurs personnages à tel point que nous pourrions presque oublier que nous sommes au théâtre, tant ce à quoi nous assistons est réel et le résultat optimal.(Simone Alexandre Théatrauteurs)

 

Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest. La grande

qualité de cette mise en scène c’est d’avoir pensé la scénographie d’une manière aussi réaliste que l’aurait fait un Fassbinder…L’émotion ne nous quitte plus

Jusqu’à la fin de la pièce ( Sheila Louinet Les Trois Coups )

 

Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest
Chaque saison, le Théâtre du Nord-Ouest offre une programmation autour d’un thème précis.
Cette fois, il s’intitule : "Camus, Sartre, De Gaulle et la politique".
La metteuse en scène, Nicole Gros, y présente une pièce poignante et remarquablement bien jouée :
"Scènes de chasse en Bavière" de Martin Sperr. Le sujet a de quoi nous faire réfléchir…
Si parfois on a pu s’interroger sur la qualité de certaines pièces jouées au Théâtre du Nord-Ouest,
il est rare que le travail de Nicole Gros ne soit pas applaudi.
Cette comédienne et metteuse en scène, permanente au Nord-Ouest, y monte un à deux spectacles par an.
Après un Labiche, la saison dernière, elle a cette fois choisi un sujet beaucoup plus grave :
observer l’ostracisme sous sa forme la plus ordinaire qui soit, à savoir l’homosexualité.
Identifier le racisme à travers le rejet d’un peuple ou d’une religion est aujourd’hui chose acquise
et même devenu un poncif auquel plus grand monde n’ose se frotter.
Cependant, considérer toute forme d’exclusion, – y compris l’homosexualité –
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Cependant, considérer toute forme d’exclusion, – y compris l’homosexualité –
comme un acte "raciste", n’est pas encore une idée tout à fait acquise.
Pourtant, lorsque Martin Sperr écrit cette pièce, qu'il situe deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale,
la comparaison est nette. Abram (le prénom n’est pas sans rappeler celui du premier patriarche biblique)
jeune mécanicien de vingt ans, revient chez sa mère qui habite un village de Bavière.
Elle rejette son fils et le chasse de chez elle, parce qu’elle ne peut supporter l’idée qu’il soit homosexuel.
Il est obligé d’aller habiter chez une voisine du village, qui accepte de le loger.
Mais bientôt les commérages (colportés en partie par sa propre mère) empoisonnent l’atmosphère :
on dit qu’Abram a été en prison à cause de ses penchants sexuels. Les persécutions commencent par des quolibets
et des remarques perfides, jusqu’au jour où on le surprend avec l’idiot du village, dans un moment de tendresse.
Quand Abram veut fuir, il est déjà trop tard. Commence alors une chasse à l’homme.
La grande qualité de cette mise en scène est d’avoir pensé la scénographie de manière aussi réaliste
que l’aurait fait un Fassbinder (la lenteur en moins). Il faut dire que la grande salle du sous-sol du Nord-Ouest
(sorte de cave voûtée et un peu poussiéreuse) plonge déjà le spectateur dans une atmosphère propice à la pièce.
Sans trop se forcer, on y respire la poussière du village et ses cancans à la sortie de l’église le dimanche,
ainsi que les effluves bien grasses d’une boucherie en pleine préparation de sa tripaille. Très vite, le ton est donné.
Ce sera celui d’un tableau naturaliste saisissant. L’émotion ne nous quittera plus jusqu’à la fin de la pièce.
Nicole Gros n’a donc ni besoin de décor ni de beaucoup d’accessoires pour nous enfermer
dans cette ambiance ouatée et parfois quasi étouffante. Beaucoup de talent et une pointe d’imagination suffiront.
À commencer par l’utilisation pleine de l’espace scénique : des entrées et sorties à plusieurs endroits du plateau,
la multiplication d’un jeu hors scène (les rires et les commérages que l’on entend mais que l’on ne voit pas).
Puis, le beau travail réalisé sur la lumière, notamment au moment le plus angoissant de la pièce :
la chasse à l’homme, orchestrée par les villageois, pendant la nuit.
Plongés dans un noir total, on peut y entendre le souffle haletant d’Abram passer derrière nous,
entrapercevoir la faible lumière des lampes tempêtes, qui se balancent de droite à gauche au rythme infernal de la traque.
Enfin, le soin apporté au décor sonore (les cloches de l’église par exemple) permet de plonger rapidement le spectateur
dans l’atmosphère du village. On se croirait revenu dans ces bourgades d’après guerre,
qui portent les stigmates de la délation sur le front de ses villageois.
Nous ne sommes pas non plus si éloignés du film de Peter Fleischmann, tourné peu après la sortie du livre de Martin Sperr.
Parmi les comédiens, figure Marie-Véronique Raban (qu’on avait moins aimé dans le rôle de Norine
dans L’Affaire de la rue de Lourcine, la saison dernière) et qui, cette fois,
est remarquable dans son interprétation de la mère d’Abram.
Sa souffrance à n’avoir pas engendré un fils dit "normal", la violence de ses propos,
l’impossibilité à souffrir les cancans, ainsi que l’émotion qu’elle dégage, forcent presque l’empathie du spectateur.
L’autre réussite est le personnage de Rovo (Ludovic Coquin), le fou du village :
l’oeil hagard, les mains et les pieds crispés, recroquevillé sur lui-même,
et l’esprit perdu dans des hauteurs inatteignables, le rendent particulièrement attachants.
Un bémol cependant concernant la Tonca (Isabelle Desalos),
qui, même si elle est dotée d’une très belle énergie,
a une tendance désagréable à ne pas assez articuler ses phrases.
Erreur de jeunesse, l’on suppose, dommageable au théâtre.
Quand au rôle principal, Jeff Esperansa (Abram) était cette fois-là un peu inégal,
le ton parfois trop haut ou trop bas au début, ne dégageant pas assez d’émotion
et n’arrivant pas toujours à se placer correctement.
Mais dans l’ensemble, (nous ne pouvons évidemment citer les quatorze comédiens en scène)
figure une belle direction d’acteurs, mis en scène de manière remarquable par Nicole Gros.
Par avance, nous la remercions d’avoir choisi ce texte. Au-delà de son contexte historique,
le sujet n’en demeure pas moins éminemment moderne.
Cette pièce, peu adaptée, méritait d’être remise au goût du jour.
"Scènes de Chasse en Bavière"
(Vu le 25 mai 2011)
Texte : Martin Sperr.
Traduction de Michel Dubois, chez L’Arche éditeur.
Mise en scène : Nicole Gros.
Avec : Muriel Adam, Laetitia Bertheuil, Guy Bourgeois, Gérard Cheylus, Jeanne Carre, Ludovic Coquin, Franck Delage, Isabelle Desalos, Jeff Esperansa, Jack Gallon,
Julien Lifszyc, Jean Marzouk, Frédéric Morel, Marie-Véronique Raban, Stéphanie Truong.
Costumes : Frédéric MOREL
Lumière : Sylvain GIARDI
Conseiller musical : Philippe ARIOTTI
Actuellement, depuis le 27 avril 2011.
Spectacle : Durée 1 h 35.
Théâtre du Nord-Ouest, Paris 9e.
Métro : Grands Boulevards.
Tél. : 01 47 70 32 75, ou 01 42 23 71 57.
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