Théatre classique Français: Corneille, Sophonisbe, Othon, Agésilas, Attila, Tite et Bérénice, Pulchérie, Suréna.

par Le blog de Gérard  -  5 Août 2010, 17:31  -  #Théatre

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Sophonisbe:

Sophonisbe est une tragédie de Pierre Corneille représentée pour la première fois en janvier 1663 à l'Hôtel de Bourgogne.

En 1663, Corneille donna à l'Hôtel de Bourgogne une tragédie intitulée Sophonisbe. Mais la pièce ne parut pas obtenir de succès, puisqu'elle n'eut que peu de représentations.
Le dramaturge a eu l'intention de présenter une Carthaginoise fière qui sacrifie aux intérêts de son pays "toutes les tendresses de son coeur, Massinisse, Syphax, sa propre vie". C'est pour cela, continue-t-il, que Lélius, consul romain, est lui-même contraint d'avouer "qu'elle méritait d'être née Romaine".
En réalité, la Sophonisbe de Corneille n'est pas si patriote qu'il le prétend, car ses sacrifices ne proviennent pas forcément de son patriotisme. Quand elle préfère la guerre avec Rome à la paix, ou quand elle épouse Massinisse, quels sont les vrais mobiles de ses actions? Elle en énumère toujours trois: les intérêts de Carthage, l'amour pour Massinisse, la jalousie à l'égard d'Eryxe, fiancée de Massinisse. Mais ces trois motifs ont-ils pour elle la même valeur?
Vers la fin de la pièce, elle se demande pourquoi elle s'est pressée de se marier, ce qui a accéléré sa ruine. Ce n'était ni l'amour ni le patriotisme qui lui ont fait commettre une erreur de cette taille. "C'était, dit-elle, la folle ardeur de braver ma rivale. J'en faisais mon suprême et mon unique bien. Tous les coeurs ont leur faible, et c'était là le mien".

 

Othon:

Othon est une tragédie en cinq actes et en vers qui fut représentée pour la première fois le 3 août 1664 par la troupe de l'Hôtel de Bourgogne à la cour de Louis XIV, qui se tenait alors à Fontainebleau.

Les subtilités des intrigues de cour qu'évoque la pièce plurent au roi et aux courtisans, qui les reconnaissaient, mais le succès fut bien moindre à Paris.

 

 

Agésilas:

Réprésenté pour la première fois le 28 février 1666 à l'Hôtel de Bourgogne.

 

Lysander a promis ses filles Elpinice et Aglatide respectivement à Cotys et Spitridate, mais pour que le mariage se fasse il doit obtenir l’accord d’Agésilas.

Cotys et Spitridate s’aperçoivent rapidement que ces mariages ne leur conviennent pas. En effet, Spitridate est tombé amoureux d’Elpinice qui l’aime aussi, et Cotys s’est pris d’amour pour Mandane, la sœur de Spitridate, et son amour est partagé. Cotys accepte de laisser sa promise à Spitridate si ce dernier lui donne sa sœur en échange, mais Spitridate craint de froisser Lysander.

De son côté, Agésilas est amoureux de Mandane et apprend que Lysander complote contre lui. Il décide donc d’interdire les unions des filles du capitaine spartiate. Il ne peut se résoudre à épouser Mandane car Sparte ne l’accepterait pas, et ne tient pas non plus à lui faire épouser Cotys: il craint en effet qu’une union entre les familles de Cotys et de Spitridate, puis entre celles de Spitridate et Lysander, ne lui crée que des ennemis.

Aglatide, quant à elle, sait que Spitridate aime sa sœur et que Cotys ne veut pas de sa main. Elle préfère cacher ses sentiments et afficher une certaine insouciance, mais elle espère tout de même qu’Agésilas l’aime. En effet, quelques années auparavant il lui avait offert son amour et promit qu’il l’épouserait.

Agésilas décide finalement de confondre Lysander et de lui montrer qu’il connait tout de ses plans. Ne pouvant se résoudre à amener l’opprobre sur l’homme qui l’a fait monter sur le trône, il le fait convoquer et lui parle en privé, accompagné uniquement de son lieutenant Xénoclès. Lysander avoue ses crimes et se dit prêt à subir son châtiment, mais demande la clémence pour ses filles et leurs futurs époux qui ne sont au courant de rien.

Agésilas préfère sauver Lysander et consentir aux mariages d’Elpinice avec Spitridate, et de Mandane avec Cotys. Pour honorer la promesse faite des années auparavant et pour éviter que Lysander ne reprenne un jour ses complots, il épouse Aglatide.

 

Attila:

Cette pièce ne manque pas d'intérêt. Elle appartient éminemment à l'univers cornélien. Son mécanisme rappelle celui de Rodogune. Les deux jeunes princes aux prises avec attila nous font songer à Antiochus et Seleucus, victimes d'une mère impitoyable. La consultation politique du premier acte évoque celle du second acte de Cinna. Ildione fait parfois penser à Émilie. attila représente le tableau historique d'un moment crucial de l'humanité, la menace terrible qui pèse sur quatre victimes prises au piège d'un tyran.
attila, le vaincu encore redoutable des Champs Catalauniques (451), cherche à rétablir sa fortune par un mariage politique : a-t-il intérêt à épouser la princesse franque Ildione, sœur du roi Mérovée, ancêtre probable de tant de grands rois, ou la princesse romaine Honorie, sœur de l'empereur Valentinien, mariage qui lui ouvrirait peut-être l'accès à l'Empire? Il consulte deux jeunes rois, ses vassaux Ardaric et Valamir, pour les compromettre. Mais ceux-ci ne lui donnent pas un conseil désintéressé, car Ardaric aime Ildione et conseille à attila de jeter son dévolu sur la jeune Romaine, tandis que Valamir, amant d'Honorie, lui donne le conseil inverse. attila est trop fin pour être dupe.
Au second acte, les deux princes vont consulter leurs amantes. De caractère différent, toutes deux sont soucieuses de leur gloire. Il faut à Honorie un roi, mais un roi indépendant. C'est ce qu'elle affirme hautement à Valamir (II, 2). A son tour Ardaric vient interroger Ildione (II, 6). Celle-ci avoue aussitôt que son cœur penche pour Ardaric, mais victime d'État, elle se doit ailleurs, c'est-à-dire, en vertu de l'alliance, à attila. Ardaric l'excite à devancer le choix d'attila et à déclarer si elle l'aime, lui, Ardaric. Une fois de plus elle le laisse entendre. Ardaric insiste « Mais vous épouserez attila ». Elle en convient. Ardaric ulcéré l'accuse alors de manquer de cœur (c'est-à-dire de courage). Elle réplique avec vivacité dans une longue tirade qui occupe la fin de la scène (II, 6, v. 669-708) et où elle s'explique entièrement.

 

Tite et Bérénice:

Tite et Bérénice, tragédie en cinq actes et en vers de Pierre Corneille, fut créée à Paris au Palais-Royal, par la troupe de Molière, le 28 novembre 1670, une semaine après la représentation du Bérénice de Racine.

Le relatif insuccès de sa pièce fut imputé par Corneille à l'interprétation des comédiens de Molière ; mais la comparaison des deux pièces ne pouvait que jouer en faveur de la simplicité d'intrigue et de la limpidité des vers de Racine.

 

Pulchérie:

En 1672, Corneille écrivit Pulchérie , comédie-héroïque s'inspirant de la fin de la vie de l'impératrice et de son mariage avec Marcien.

D'un caractère profondément dévot, Pulchérie fait régner à la cour une ferveur quasi-monacale et profitant du caractère faible de son frère assume l'essentiel du pouvoir. Proche de l'orthodoxie et hostile au monophysisme elle fait condamner Nestorius. En 421 elle arrange le mariage de Théodose avec la fille d'un rhéteur d'Athènes, prénommée elle aussi Eudoxie. Son influence décline alors rapidement jusqu'en 433 lorsque l'exil d'Eudoxie, sur des accusations mensongères d'adultère, lui permet de reprendre toute sa place à la cour même si son frère est en fait sous l'influence des eunuques impériaux en particulier de Chrysaphius.

À la mort accidentelle de Théodose, d'une chute de cheval, Pulchérie monte sur le trône sans rencontrer d'opposition et épouse, afin d'avoir un appui militaire, un vieil officier thrace appelé Marcien qui règne avec elle. Pulchérie meurt le 11 novembre 453. Elle est, avec son mari, reconnue comme sainte par l'Église orthodoxe et l'Église catholique.

 

Suréna:

 La pièce se déroule dans le royaume parthe. Deux couples d’amants voient leur projet d’union contrecarré (acte I). Le premier couple est formé par Eurydice, princesse d’Arménie, et Suréna, général parthe au service d’Orode, roi des Parthes. Ils se sont donnés secrètement leur accord, mais se retrouvent séparés par un double obstacle politique. Tout d’abord, un traité d’alliance entre le royaume des Parthes et l’Arménie comprend comme clause l’alliance d’Eurydice avec le roi Pacorus, fils du roi des Parthes Orode.