Pierre Mauroy.

Pierre Mauroy, né le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord), est un homme politique français.

Premier ministre de 1981 à 1984, maire de Lille de 1973 à 2001, il est aujourd'hui sénateur du Nord.

Il s'engage dès l'âge de 18 ans à la SFIO dans les Jeunesses socialistes et en devient, en 1950, le secrétaire national. En 1951 il fonde la fédération nationale Léo-Lagrange, l'un des plus importants mouvements français d'éducatio populaire. Il devient professeur d'enseignement technique à Colombes en 1952 — au total, il n'enseigne que 18 mois dans sa vie — et obtient en 1955 le poste de secrétaire général du syndicat des collèges d'enseignement technique de la fédération de l'Éducation nationale. En 1966 il devient secrétaire général de la SFIO. Au Parti socialiste (qui a remplacé la SFIO), il gravit peu à peu tous les échelons et enchaîne les postes de responsabilité. À l'appel d'Augusti Laurent, il entre en seconde position sur la liste électorale du Parti socialiste pour l'élection municipale de 1971 à Lille. Augustin Laurent, réélu, confie deux ans plus tard à son premier adjoint les clefs du beffroi par sa démission le 8 janvier 1973 : Pierre Mauroy devient maire de Lille, après les législatives. Puis le 11 mars 1973, il est élu député du département du Nord. Un an plus tard, il est élu président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. En tant que responsable de la puissante fédération socialiste du Nord, il apparaît au côté de François Mitterrand, comme étant le numéro 2 du PS. À l'approche des élections législatives de 1978, Mitterrand avait prévu de l'envoyer à Matignon en cas de cohabitation avec Valéry Giscard d'Estaing en attendant la présidentielle. Le scrutin perdu, ils œuvrent ensemble à réformer le parti et à rassembler les socialistes. Depuis le congrès de Metz en 1979, il anime l'un des courants minoritaires du parti socialiste et s'allie avec Michel Rocard contre François Mitterrand. Mais il change de camp après l'officialisation par Michel Rocard de sa candidature à l'élection présidentielle en octobre 1980. Il est nommé porte-parole de François Mitterrand pour la campagne en octobre 1980.

 

Soutien important de François Mitterrand dans le travail d'union de la gauche en 1981, ce dernier, une fois élu président de la République, le nomme Premier ministre. Son gouvernement comprend quatre ministres communistes. Il entame une politique très marquée à gauche pour appliquer les promesses du Président : 39 heures, cinquième semaine de congés payés, augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), impôt sur la fortune, retraite à soixante ans, abolition de la peine de mort, remboursement de l'IVG

 

Cependant son incapacité à résoudre les problèmes de l'inflation et du chômage (+1,5 million de chômeurs), ainsi qu'une crise monétaire, le poussent à abandonner sa politique pour mettre en œuvre ce que l'on appelle la « politique de rigueur », incarnée par le ministre des Finances, Jacques Delors, afin de maîtriser les finances de l'État et les problèmes économiques. L'indexation des salaires sur les prix est abandonnée, la réforme de l'enseignement privé est repoussée. En juillet 1984, François Mitterrand décide de remplacer Pierre Mauroy par Laurent Fabius.