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Le blog de Gérard, www.leblogdegerard.fr

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Quelques photos prises au cours de mes pérégrinations, mes lectures d'hier et d'aujourd'hui, c'est la vie de tous les jours, c'est peut être la votre, voici mes coups de cœur, mes coups de gueule, mais aussi les spectacles que j'aime. Chiche.

Articles avec #litterature politique catégorie

Publié le par Le blog de Gérard
Publié dans : #Littérature politique

Présentation de l'éditeur

Numériser0099

On les croyait les meilleurs. Les plus intelligents. Les plus vertueux.
Ils devaient servir l'État. Ils l'ont abandonné. En piteuse posture. Pour aller vers les affaires, la banque et les conglomérats privés où ils ont provoqué les plus grands désastres du capitalisme français : le Crédit lyonnais, Vivendi, France Télécom, Alsthom... Des milliards et des milliards ont été dilapidés. En toute impunité.
Qui sont les inspecteurs des Finances ? Qu'est-il arrivé à ce corps qui a longtemps fait la force de l'État colbertiste et la fierté de la France ? Pourquoi les a-t-on laissés faire ? Pourquoi personne n'ose-t-il mettre fin à cette « exception française » ?
Après avoir créé l'événement en décrivant les dérives de la franc-maçonnerie dans Les Frères invisibles, Ghislaine Ottenheimer enquête en journaliste qui n'a peur de rien sur une élite puissante protégée par le secret, et jusque-là intouchable. Un voyage extraordinaire au coeur du pouvoir.

Quatrième de couverture

On les croyait les meilleurs. Les plus intelligents. Les plus vertueux.
Ils devaient servir l'État. Ils l'ont abandonné. En piteuse posture. Pour aller vers les affaires, la banque et les conglomérats privés où ils ont provoqué les plus grands désastres du capitalisme français : le Crédit lyonnais, Vivendi, France Télécom, Alsthom... Des milliards et des milliards ont été dilapidés. En toute impunité.
Qui sont les inspecteurs des Finances ? Qu'est-il arrivé à ce corps qui a longtemps fait la force de l'État colbertiste et la fierté de la France ? Pourquoi les a-t-on laissés faire ? Pourquoi personne n'ose-t-il mettre fin à cette « exception française » ?
Après avoir créé l'événement en décrivant les dérives de la franc-maçonnerie dans Les Frères invisibles, Ghislaine Ottenheimer enquête en journaliste qui n'a peur de rien sur une élite puissante protégée par le secret, et jusque-là intouchable. Un voyage extraordinaire au cœur du pouvoir.

 

Numériser0100

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Publié le par Le blog de Gérard
Publié dans : #Littérature politique

Numériser0097

C'est le 24 août 1993 à Hardelot-Plage, station balnéaire proche du Touquet, qu'eut lieu ma dernière vraie journée d'intimité avec François Mitterrand. En fin d'après-midi, se retournant pour me saluer alors qu'il montait dans son hélicoptère, il porta son regard vers le ciel si caractéristique de la côte d'Opale, un ciel d'été encore très bleu où s'étiraient quelques nuages. Il me glissa doucement, en guise d'adieu, cette phrase poétique et mystérieuse: "Et vous, continuez à mettre du bleu au ciel."

Il me semble aujourd'hui que, depuis mon adhésion au socialisme en 1945, à la fédération Léo-Lagrange, aux Jeunesses socialistes, à la mairie de Lille, à l'Hôtel Matignon, à la direction du Parti socialiste, à l'Internationale socialiste, partout où m'a conduit mon engagement, "mettre du bleu au ciel" exprime bien la mission que j'ai tenté de remplir, au fil du temps et à ma place, au service du progrès et du bonheur des hommes.
-4e de couverture-

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Publié le par Le blog de Gérard
Publié dans : #Littérature politique
Numériser0095
Attention, le ton est donné, le scandale est là ! C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que le directeur de cabinet d'un Premier Ministre en fonction sort de sa réserve pour prendre publiquement position à propos de la vie politique française en général et de la cohabitation en particulier. Les coups, cachés derrière un style poli, respectueux et quelque peu alambiqué, font mouche. Premier visé : le président de la République "tribun de l'opposition usant d'un ministère de la parole", accusé d'avoir bloqué certaines réformes importantes – comme celle de la justice – et d'avoir utilisé des comptes-rendus interministériels de Matignon pour prendre de vitesse le gouvernement Jospin. Reproche fait aussi à Jacques Chirac de n'avoir pas su manifester sa solidarité lors de la visite du Premier Ministre en Cisjordanie en février 2000, lorsque ce dernier s'était trouvé sous les jets de cailloux de jeunes Palestiniens. Mais si le plaidoyer anti-cohabitation (et anti-Chirac) prend une place importante, il n'est pas le seul élément explosif du livre. Jean-Pierre Chevènement est la deuxième cible de Schrameck. L'ancien ministre de l'Intérieur est représenté, notamment lors des discussions sur les accords de Matignon à propos de la Corse, comme un "témoin passif et grognon" qui – rappelle le chef de cabinet – proposa personnellement au gouvernement le controversé préfet Bonnet. Bref, tout au long de ces 190 pages, Olivier Schrameck défend sa vision de la République, de la vie politique et se fait le porte-parole du bilan de Lionel Jospin qui trouve ici un défenseur féroce. La polémique engagée, suite à la publication du livre, par l'opposition de droite demandant sa démission, risque de n'être que le début des hostilités entre les deux bords du système exécutif. Résultat du duel : au printemps 2002, lors du résultat des élections présidentielles. --Marine Segalen

Quatrième de couverture

Depuis son arrivée à Matignon le 3 juin 1997, Olivier Schrameck, directeur du cabinet du Premier ministre, n'a jamais tenu de propos public. Aujourd'hui, il ressent le besoin de livrer son témoignage et ses réflexions sur cette législature au long cours. Peu de décisions prises à Matignon depuis quatre ans lui sont étrangères. Bénéficiant de sources directes sur les aspects les plus secrets de la vie publique, Olivier Schrameck analyse les mécanismes liés aux décisions politiques qui ont marqué les moments importants de la vie du gouvernement.

Interlocuteur privilégié de Lionel Jospin, c'est en témoin engagé qu'il raconte son expérience, au jour le jour, y compris sur les affaires les plus sensibles notamment la question corse. Éprouvant de l'intérieur les effets de la cohabitation, l'auteur n'hésite pas à montrer en quoi cette France à deux voix est le pire des régimes pour notre pays.

Au coeur de la vie politique, observant sur le vif le fonctionnement de l'État, c'est donc aussi en acteur qu'Olivier Schrameck raconte l'exercice du pouvoir au quotidien. Sans masquer les tensions personnelles qui peuvent sous-tendre les choix politiques.

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Publié le par Le blog de Gérard
Publié dans : #Littérature politique

Numériser0092

Giroud a tout écrit sur Françoise. Au fil des années, elle a publié des articles, des portraits, des romans, des biographies à succès ; mais rarement journaliste aura mis tant de soin, de livre en livre, à se raconter soi-même, à décrire son parcours et son monde. Ainsi elle a constitué son effigie, construit sa statue, elle l'a affinée avec ses mots, masquant à l'occasion fêlures et fissures, tout ce que la vie charrie et qu'elle a voulu enfouir au plus profond. Longtemps elle nous a accompagnés de la sorte, séduisante et caustique, masque parfait, intimidant et toujours souriant d'une certaine réussite au féminin. Je suis partie à la découverte de la véritable Françoise Giroud. Avec infiniment de respect, d'admiration, d'affection, même, mais aussi avec l'exigence qu'elle manifesta si constamment à l'égard des autres. J'ai retrouvé bien sûr la grande journaliste, celle qui, sans relâche ni lâcheté, le temps d'un très long parcours, sut mieux que personne décrire ses contemporains et analyser l'air du temps. J'ai aussi compris une autre histoire, celle d'une femme venue de loin qui, surmontant l'humiliation, la souffrance et les préjugés, voulut coûte que coûte réaliser son rêve : atteindre une sorte d'excellence à la française. Son grand oeuvre, ce fut sa vie.
- Note de l'auteur -

 

Numériser0091

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Publié dans : #Littérature politique

Françoise Giroud commente au jour le jour, en toute liberté, les événements du monde. Passant d'une lecture à une rencontre, d'un spectacle à un souvenir, elle donne l'image d'une femme à qui l'âge n'a rien fait perdre de sa curiosité passionnée pour le monde comme il va. Le dernier volume d'une série débutée avec 'Le journal d'une parisienne'.

Numériser0093
'Demain, déjà', qui couvre les années 2000, 2001 et 2002, s'achève très peu avant le décès de Françoise Giroud, survenu en janvier 2003.

Ses citations

«Tout se passe comme si chacun sentait vaguement que le pouvoir n'a plus de pouvoir.»
[ Françoise Giroud ] - Gais-z-et-contents

«Les livres que l'on écarte sont toujours ceux dont on s'aperçoit plus tard qu'on en a justement besoin.»
[ Françoise Giroud ] - La rumeur du monde

«Les hommes ont toujours eu beaucoup de courage pour supporter les malheurs des femmes.»
[ Françoise Giroud ]

Numériser0094

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Numériser0085La démocratie a rendez-vous avec elle-même. Chacun doit s'efforcer d'être pleinement responsable, de rendre compte, et de proposer pour demain. Répondre : c'est le sens de ce livre. Répondre de soi.J'ai souhaité retracer sinon toute ma vie, du moins mon itinéraire politique. Répondre de son action. Pendant cinq ans,j'ai assumé la direction du gouvernement. Il m'a paru naturel de montrer comment nous avons fait avancer la France.

Lionel Jospin.

Les citations de Lionel Jospin

«On n’a pas supprimé la dictature du prolétariat pour avoir celle de l’actionnariat.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait d'une interview à l’ONU - Septembre 1999

«Rester ferme quant aux fins, savoir être souple quant aux moyens.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait de l’hebdomadaire Le Point - 5 Septembre 1998

«La nation est non seulement la réalité vivante à laquelle nous sommes tous attachés, mais surtout le lieu où bat le coeur de la démocratie, l’ensemble où se nouent les solidarités les plus profondes.»
[ Lionel Jospin ] - Déclaration de politique générale - 19 Juin 1997

«Ce n'est jamais la Justice qui rend la justice, ce sont des juges, c'est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre de commettre des erreurs.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Avoir des convictions ne garantit pas contre l'erreur.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«L’école est le berceau de la République.»
[ Lionel Jospin ] - Déclaration de politique générale - 19 Juin 1997

«Le propre d'un réformateur, c'est qu'il réussit ses réformes.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«La France est un pays riche avec trop de pauvres.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«A l'ordre moral imposé d'en haut aux "gens d'en bas", nous devons préférer une société de la responsabilité partagée par tous.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait du journal Le Monde - 31 Janvier 2003

«La violence ne vient pas de l'Etat, elle vient de la société elle-même.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Il n'y a pas toujours un coupable derrière un malheur.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Trouver sa place dans la société, c’est d’abord avoir un emploi.»
[ Lionel Jospin ] - Déclaration de politique générale - 19 Juin 1997

«Un gouvernement ne peut se contenter de gérer l'opinion et d'esquiver les difficultés, il doit aussi régler les problèmes.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait du journal Le Monde - 31 Janvier 2003

«Les peuples peuvent aussi porter l'espérance.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait d'un discours au Sommet de Biarritz - 25 Octobre 2000

«La France, ce n’est pas seulement le bonheur des paysages, une langue enrichie des oeuvres de l’esprit ; c’est d’abord une histoire.»
[ Lionel Jospin ] - Déclaration de politique générale - 19 Juin 1997

«Il faut séparer la logique des droits de l’homme de la logique économique.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait d’une intervention du 25 Janvier 1982

«Il faut toujours dire ce qu'on veut faire, même si cela présente un risque.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Etre socialiste, c'est travailler à une société plus juste.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Ce n'est pas par la loi qu'on va réguler l'économie.»
[ Lionel Jospin ]

«Aucun d'entre nous n'est citoyen et seulement citoyen, du lever du soleil à la tombée de nuit !»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«L'existence d'un leader se constate plus souvent qu'elle ne se proclame.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait du journal Le Monde - 31 Janvier 2003

«Il ne faut pas tout attendre de l'Etat.»
[ Lionel Jospin ]

«On ne peut pas réformer l'Education Nationale sans les enseignants.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Il ne faut pas confondre instruction, culture générale et compétence professionnelle.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«On embaume les hommes, pas les régimes. On ne peut pas les conserver sous des mausolées.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Les intuitions en politique sont autant de paris.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Le tournevis n’est pas le seul outil de politique économique.»
[ Lionel Jospin ] - Extrait d’un discours Janvier 1983

«L'essentiel n'est pas de "parler haut" mais de parler juste.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Quand vous savez que la révolution ne se fera pas, vous avez moins envie d'en parler.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«On ne peut nier que des comportements soient délinquants sous prétexte que leurs auteurs sont très jeunes.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Pour rester fidèle à ses valeurs fondatrices, la République doit être accueillante aux formes nouvelles de vie et d'expression, institutionnelles, sociales ou individuelles.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«La culture est l’âme de la démocratie.»
[ Lionel Jospin ] - Déclaration de politique générale - 19 Juin 1997

«Un Président doit soutenir son Premier ministre.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«La politique, même civilisée, est un univers rude.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«La cohabitation n'est pas un bon système dans la durée.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«On ne produit pas et on n'échange pas des films, des livres, des musiques comme des machines à laver ou des ordinateurs.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Nous sommes dans un temps où les grandes religions monothéistes cherchent davantage à insister sur ce qui les unit, sur leurs valeurs communes, leur message spirituel, qu'à creuser leurs différences.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«La France est meilleure quand elle est unie.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

«Plus on se préoccupera tôt de l'enfant en difficulté scolaire, plus on évitera ensuite que l'échec ne se creuse.»
[ Lionel Jospin ] - Le Temps de répondre

«Il n'y a pas un outre-mer, mais des outre-mers.»
[ Lionel Jospin ] - Le temps de répondre

Numériser0086

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2003 : échec de la Convetion de l'Europe. Secrets, témoignages, confidences... Voici une chronique inédite de cette étonnante aventure politique.

Numériser0087

ALAIN DAUVERGNE L’Europe en otage ? Histoire secrète de la Convention Neuilly-sur-Seine, Éditions Saint-Simon,

Le 18 juin 2004, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont finalement mis d’accord sur un « traité instituant une constitution pour l’Europe ». Survenu à peine une semaine après un record historique d’abstention aux élections européennes, cet événement est passé quelque peu inaperçu en France. Pourtant, tout au long de l’été, le débat national sur la Constitution européenne a pris de l’ampleur. Aucours de son allocution traditionnelle du 14 juillet, le président de la République a annoncé la tenue d’un référendum sur la Constitution à l’automne 2005. Les acteurs politiques français ont dès lors commencé à commenter publiquement ce projet, suscitant parfois des controverses très vives, notamment au sein du Parti socialiste.

2 Revenir sur la genèse de la Constitution européenne permet de mieux comprendre les enjeux du débat. En effet, contrairement aux précédents traités européens, le traité constitutionnel est le fruit d’une convention et non d’une conférence intergouvernementale. Les gouvernements ne se sont vraiment saisis du texte qu’à l’automne 2003, après qu’un projet de constitution complet leur avait été soumis en juin 2003 par la Convention sur l’avenir de l’Europe, présidée par Valéry Giscard d’Estaing. Comme l’a précisé l’ancien président de la République (dans un discours reproduit dans Le Monde du 10 juillet 2004), le traité constitutionnel est à « 95% » conforme au projet élaboré par la Convention.

3 Même si le projet en question était potentiellement conflictuel, il faut reconnaître que la Convention a facilité la tâche des gouvernements en étant le principal lieu de discussion et de production du texte constitutionnel. Les deux ouvrages recensés ici permettent de se faire une bonne idée de son processus d’élaboration. Très bien documentés, ils ont tous deux été écrits par des journalistes. Peter Norman a longtemps été le correspondant à Bruxelles du Financial Times, ce grand quotidien d’information très renseigné sur ce qui se passe dans l’Europe communautaire. Quant à Alain Dauvergne, il suit depuis longtemps les questions européennes au magazine LePoint et a enquêté sur la Convention pour le compte du groupe de recherche « Notre Europe », présidé par Jacques Delors.

4 En bons professionnels du journalisme politique, P.Norman et A. Dauvergne ont appliqué la même méthode. Tous deux se sont plongés dans les travaux de la Convention qu’ils racontent, chacun à sa manière, avec un réel talent d’investigateur et de chroniqueur. Les deux ouvrages portent non seulement sur les débats publics, mais aussi sur les coulisses et les rouages de la Convention. Peut-être parce qu’ils ont été écrits très rapidement, ils rendent compte du fonctionnement de cette assemblée de manière très vivante, parfois même presque haletante. L’ouvrage de P. Norman, très dense, fournit un bilan complet des différents points du débat. Celui d’A. Dauvergne est moins systématique, mais son rythme, plus enlevé, le rend sans doute plus facile d’accès pour le lecteur non initié. Au final, ces deux ouvrages constituent de véritables mines d’informations sur l’ensemble des aspects de la Convention. Dans leurs chroniques, les auteurs apportent de précieux éléments de compréhension du processus conventionnel, qui permettront au lecteur de construire sa propre vision des événements. Soulignons d’abord que la Convention a donné aux participants comme aux observateurs le sentiment d’être les témoins d’un phénomène assez extraordinaire. Tout d’abord, elle a établi des normes de comportement qui dérogeaient au principe de primauté des gouvernements dans la procédure normale de révision des traités. Ensuite, elle a engagé de vastes consultations et des débats très ouverts sur l’avenir de l’Europe. P. Norman remarque judicieusement que même les conventionnels eurosceptiques sont devenus modérément proeuropéens, lorsqu’ils ont compris l’occasion qui leur était soudain offerte de devenir des « pères fondateurs ». Certains commentateurs sont effectivement allés jusqu’à établir un parallèle avec la Convention de Philadelphie qui avait élaboré la Constitution des États-Unis au XVIIIe siècle.

5 On a sans doute beaucoup exagéré l’importance de la délibération dans la Convention, mais il est clair que grâce à elle le débat a pu s’élever au-dessus du simple marchandage entre États. Elle a notamment permis à l’Europe de dépasser un certain nombre de querelles sémantiques et de progresser vers la mise en place d’institutions à la fois plus efficaces et plus lisibles. La publicité faite autour des débats a donné une certaine tenue aux discussions qui ont abordé les questions de fond. Les conventionnels se sont efforcés de ne pas tomber dans le travers des compromis diplomatiques qui sont le lot des conférences intergouvernementales. Cela est probablement dû au fait que les députés européens avertis de la chose publique européenne étaient les plus nombreux au sein de l’assemblée conventionnelle. De plus, le président de la Convention et le vice-président Giuliano Amato, soutenus par certains députés européens comme Alain Lamassoure, ont été des partisans efficaces de la simplification des institutions.

6 Sans vouloir dresser ici l’inventaire complet du texte de la Constitution, citons seulement quelques exemples de rationalisation qui apparaîtront peut-être dans quelques années comme des avancées majeures, tant sur le plan symbolique que sur celui de l’efficacité des mécanismes décisionnels. En dotant l’Union européenne d’une personnalité juridique unique, la Convention a mis un terme au système complexe des « piliers »; elle a établi des distinctions relativement simples entre les différents niveaux de compétences (celles de l’Union, celles des États et les compétences partagées) ; elle a permis d’appeler les choses par leur nom, en parlant de « lois » et de « lois-cadres » (et non plus de réglementations et de directives). La même remarque vaut pour la requalification de la procédure de codécision en « procédure législative ordinaire », qui assoit davantage la légitimité du Parlement européen. D’une manière générale, il est difficile de prévoir l’impact de ces changements sur le long terme, mais l’on peut d’ores et déjà affirmer qu’ils facilitent – du moins en théorie – la compréhension que les citoyens européens peuvent avoir de l’Union, ce qui était l’un des objectifs de la Convention.

7 Pour autant, ces avancées n’ont pas été accomplies au terme d’un vaste processus de délibérations dépassionnées. Au contraire, la Convention a été le théâtre de conflits de pouvoir et de rebondissements successifs, comme le suggère la première partie du titre de l’ouvrage de P. Norman ( La constitution accidentelle). Giscard a souvent évoqué la nécessité de progresser par « consensus », mais il savait pertinemment que tout le monde ne tomberait pas d’accord. Malgré son aura de grande consultation démocratique, le pari que représentait la Convention était loin d’être gagné d’avance. Giscard savait qu’une telle Arche de Noé pouvait rapidement se transformer en bateau ivre. Il a donc fait preuve à certains moments de beaucoup d’autorité, ce qui n’a pas toujours été apprécié, notamment par les petits États membres. Il est vrai que l’ancien président français était desservi par sa réputation de partisan d’une Europe dirigée par les grands États membres. Il lui est arrivé parfois d’isoler les conventionnels opposés à ses propositions au lieu de chercher à les convaincre. Ce fut le cas, par exemple, avec les Espagnols, à propos de la pondération des votes entre les États au Conseil des ministres de l’Union, ce qui a suscité bien des difficultés par la suite.

8 Rétrospectivement, on sait à quel point l’ombre de la future conférence intergouvernementale planait sur la Convention. La focalisation de ces deux ouvrages sur la Convention et l’arrêt des chroniques à l’été 2003 mènent donc parfois à des conclusions discutables. Alain Dauvergne décrit par exemple une présence « en trompe-l’œil » des gouvernements : « Àyregarder de plus près, [la] vision d’une quelconque prise de pouvoir par les gouvernements constitue une illusion d’optique » (p. 133). Or s’il est vrai que les gouvernements n’ont pas pris le pouvoir à la Convention, ils n’étaient pas non plus des acteurs tout à fait comme les autres. Leurs contributions ont bien souvent orienté la teneur des débats car les conventionnels savaient que rien ne se ferait sans eux. Les difficultés à faire approuver le texte par la conférence intergouvernementale ont montré que, malgré la parenthèse de la Convention, l’Union européenne reste encore assez largement une Europe des États, et non l’Europe des peuples que la Convention était censée refléter.

9 On ressent à la lecture de ces deux chroniques un sentiment positif mais nuancé sur la Convention. En définitive, le processus a abouti et les résultats sont tangibles. Malgré ses limites évidentes, le traité aborde le problème de la réforme des institutions de l’Union européenne de façon beaucoup plus franche que les deux autres traités signés depuis Maastricht (le traité d’Amsterdam en 1997 et celui de Nice en 2001). Son épaisseur est plutôt dissuasive pour les citoyens (environ 300 pages !), mais le texte de constitution va bel et bien dans le sens d’une rationalisation des procédures de décision et d’une plus grande lisibilité des institutions européennes. Endonnant une valeur juridique contraignante à la Charte européenne des droits fondamentaux, il crée également des droits nouveaux et potentiellement très importants pour les citoyens de l’Union.

10 Pourtant, les conflits d’intérêt et l’importance des réticences vis-à-vis de l’Union européenne de certains responsables politiques ont souvent freiné les travaux de la Convention. On peut exprimer la même réserve sur le rôle personnel de Valéry Giscard d’Estaing. Certes, il a bien accompli sa mission et il a convaincu les chefs d’État de prendre « sa » constitution comme base de leurs négociations. Mais il a dû pour cela se prêter à des marchandages et renoncer à proposer des réformes plus ambitieuses. Avec une placidité toute britannique, qui rappelle la remarque de Churchill sur la démocratie comme « régime le moins imparfait », P. Norman conclut que la Convention est à l’image de l’Union : capable de progrès remarquables même si elle reste très imparfaite. Dans la même veine, Jacques Delors, dans sa préface au livre d’Alain Dauvergne, insiste sur le manque de leadership et de vision politique parmi les chefs de gouvernement.

11 L’histoire de la Convention que retracent les livres de Peter Norman et Alain Dauvergne s’arrête à l’été 2003, mais nous connaissons la suite. En décembre de la même année, la conférence intergouvernementale n’a pas réussi à surmonter les conflits relatifs à la règle de vote et au poids relatif des États au sein du Conseil. Il a fallu attendre juin 2004 pour que les gouvernements adoptent le principe de double majorité qu’avait posé la Convention. Le traité de juin 2004 prévoit qu’au Conseil la majorité qualifiée est atteinte si elle rassemble 55% des États représentant au moins 65% de la population européenne. Le curseur a été placé cinq points plus haut que dans le texte proposé par la Convention en juin 2003. Mais la nouvelle règle constitue tout de même un progrès : elle diminue le risque de blocage des institutions européennes; elle permet également à certains États comme la Pologne et l’Espagne de sauver la face ; enfin et surtout, elle rend le fonctionnement du Conseil sensiblement moins opaque pour les profanes.

12 La saga des référendums et des ratifications nationales promet sans doute encore bien des surprises. L’issue du référendum français sur la Constitution qui aura lieu à l’automne 2005 est incertaine et il n’est même pas certain que l’Europe en soit le principal sujet. Dans une consultation de ce type, on sait bien que les citoyens ont tendance à répondre à une question différente de celle qui leur est posée. On peut également compter sur de nombreux acteurs politiques pour tenter de faire de cette consultation un test politique national et, ce faisant, pour escamoter le débat sur le contenu et les enjeux du traité. À ce stade cependant, il est encore permis d’espérer (ou de rêver ?) que le texte de constitution fera l’objet d’un débat de qualité et que les citoyens en retireront une meilleure compréhension des enjeux actuels de l’Union européenne.

Numériser0088

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Élisabeth Guigou, Je vous parle d'Europe: l'Acte unique

Numériser0089

Extrait du document

L’Acte unique Il fut négocié en moins de six mois, approuvé en décembre 1985 au Conseil européen de Luxembourg, signé en février 1986. A Luxembourg, Mrs Thatcher avait une nouvelle fois tenté de tout bloquer. Et, une nouvelle fois, elle céda devant la fermeté conjointe de Mitterrand, de Kohl et de Delors. François Mitterrand avait menacé de négocier le futur traité sans le Royaume-Uni. Mrs Thatcher avait alors choisi de ne pas s’isoler. Le même scénario se répétera lors du Conseil européen de Maastricht lorsqu’il s’agira d’adopter l’Union économique et monétaire et la Charte sociale. En France, le gouvernement de M. Chirac issu des élections de juin 1986 ne remit pas en cause le traité conclu par le gouvernement de Laurent Fabius. Il fut ratifié, en novembre 1986, sous le gouvernement de Jacques Chirac, dont, rappelons-le, faisaient partie Philippe Séguin et Philippe de Villiers. Ceux-ci ne s’opposèrent pas à la ratification de l’Acte unique, qui entra en vigueur en 1987. De même, Jacques Chirac entérina l’adhésion, la même année, de l’Espagne et du Portugal alors qu’il l’avait vivement combattue lorsqu’il était dans l’opposition ! L’Acte unique, qui marqua la relance du processus d'intégration dans la Communauté, avançait dans trois domaines. D’abord, en fixant au 1er janvier 1993 l'achèvement du Marché commun, qui était l’objectif principal du traité de Rome.....................

 

Numériser0090

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Numériser0075

"Ils se croyaient là pour l'éternité", constatait, interloqué, un militant socialiste en pénétrant enfin par la grande porte à la mairie de Paris. Pourtant, le 18 mars 2001, les chiraquiens ont bel et bien perdu leur "maison de famille". Pendant un quart de siècle, Jacques Chirac et sa tribu, puis Tiberi, avaient vécu, travaillé, festoyé, intrigué, aimé et détesté à l'abri de leur forteresse, l'Hôtel de Ville. Des sous-sols crasseux jusqu'aux pigeonniers les plus inaccessibles en passant par les salons dégoulinants de lumière et de dorures, l'imposante bâtisse, dont la silhouette ne déparerait pas dans le décor de carton-pâte d'un quelconque Disneyland, vivait au rythme de la chiraquie. Querelles de famille, divorces, réconciliations, fidélités et

trahisons ont comme imprégné les murs de cette citadelle politique qui, après avoir rempli son office, s'est écroulée de l'intérieur avant de se

rendre, la mort dans l'âme, à l'"usurpateur" Delanoë. Pour Bertrand Delanoë, la conquête de l'Hôtel de Ville ne fait que commencer. Depuis le soir de sa victoire, son énergie est tendue vers l'unique objectif d'être réélu en 2007. Méthodiquement, il explore, par l'intermédiaire des hommes de confiance qu'il a installés dans la place, les rouages de cette gigantesque machine financière, humaine et logistique souvent comparée à un paquebot en panne. Comment la remettre en marche, face à la résistance du dernier carré des "tibéristes", accrochés à leurs privilèges matériels comme des moules à leur rocher ; à l'énigmatique Philippe Séguin, plus donneur de leçons que jamais ; à la sémillante Françoise de Panafieu, déjà candidate à la succession de 2007 ; aux ambitions des Verts, alliés turbulents sinon incontrôlables d'une "majorité plurielle" tributaire des péripéties politiques nationales ? Car Bertrand Delanoë n'entend pas, lui, lier son sort de maire de Paris au résultat de son ami Lionel Jospin à l'élection présidentielle. Plus que jamais, l'Hôtel de Ville revendique une autonomie, une identité propre, quasi monarchique que son nouvel hôte (ses collaborateurs les plus proches n'hésitent pas à l'appeler " Bébert roi des Français ") s'emploie à imposer jour après jour, conscient qu'il n'aura pas trop de six ans pour le façonner à son image.Numériser0076

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Publié dans : #Littérature politique

Numériser0073

'Mettre ses convictions à l'épreuve des faits, représenter les citoyens et agir en leur nom ne m'intéresse que si c'est une autre manière d'aimer. Disant cela, je n'évacue nullement la part d'orgueil ou d'égoïsme qui existe dans tout parcours. Et le mien n'y déroge pas. Tant que l'exercice d'un pouvoir n'est pas en contradiction avec cette philosophie, pourquoi pas ? A condition de remettre chaque chose et chacun à sa place. Et d'abord soi-même.' Son enfance libertine et son adolescence à Rodez, ses rencontres politiques ou amicales, ses batailles locales pour imposer ses idées : découvrez l'itinéraire atypique et la réflexion toujours libre d'un des hommes politiques les plus aimés des Français.Numériser0074

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